L'Envie

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Éditeur : GINKGO
Collection : Petite Bibliothèque slave

180 pages
Format : 12 x 20 cm
Façonnage : carré/collé

Langue d'origine : Russe (Russie)

Parution : 13 février 2020

EAN : 9782846794442
ISBN : 978-2-84679-444-2

L'Envie

La parution de L'Envie, en 1928, rendit Iouri Olécha (1899-1960) immédiatement célèbre en URSS.

Description féroce de la Russie soviétique, le roman met aux prises un apparatchik obèse, responsable épanoui de la production alimentaireplanifiée, et un petit bourgeois individualiste,  ivrogne et désœuvré, furieux de n'être que ce qu'il est. Entre eux s'interposent le frère du premier, inventeur mythomane, ainsi qu'un jeune et brillant footballeur, communiste engagé et surtout enragé.

Dans ce qui reste son chef-d'oeuvre, Olécha s'attaque aux rêves et aux dangers qui accompagnent l'édification du paradis socialiste, avec une ironie Féroce… Et si moderne !

 

Un récit impertinent, lucide  et d’une fraîcheur étourdissante. La sobriété de style d'un Bounine, la sophistication des constructivistes, l'impertinence d'un dandy se marient au burlesque et à l'inquiétant.

D'un côté les hommes nouveaux, sportifs, matérialistes, soucieux d'hygiène et de rendement. Ils construisent des avions et des combinats géants de saucisses.

De l'autre côté l'éternel « homme du souterrain », intelligent et inutile, individualiste et terré dans son trou, dévoré par l'envie. Kavalerov est un Peer Gynt moderne: il voulait tout faire et ne fit rien. Il crève d'envie  «  Ce sont eux qui gagnent ... Ce sont eux que les choses aiment... ».

Dans L'Envie, l'homme nouveau, représenté par le chef d'entreprise industrielle André Babitchev et par le jeune sportif Makarov, a renié les sentiments anciens, tels que l'amour, l'orgueil, la peur, l'envie, pour les remplacer par l'action mise au service exclusif de la transformation de la société, une action parfois bien proche du travail de la machine. En face d'eux, Kavalerov et Ivan Babitchev, hommes du passé, refusent de sacrifier leur personnalité et leurs sentiments au processus collectif ; ridicules et inutiles, ils affirment leur moi dans des discours d'ivrognes et des actes dérisoires. Et faut-il pleurer quand son vieux clochard comploteur nous propose, en guise de fin, de porter un toast et pousser un hourra à l'indifférence?